L'Association Nationale des Enseignants et Partenaires Culturels des classes Cinéma et AudioVisuel (ANEPCCAV - Les Ailes du désir) née le 13 janvier 1992, uvre depuis dix ans à la consolidation d'un enseignement original, qui s'appuie sur le Septième Art pour amener un nombre croissant de lycéens à se réconcilier avec le milieu scolaire tout en s'ouvrant les portes de la culture du vingt et unième siècle . Elle organise des rencontres qui offrent aux équipes et aux élèves l'occasion de confronter leurs pratiques, ainsi que l'a permis en 1999 la fête des dix ans de l'enseignement partenarial du cinéma, coorganisée avec la Cinémathèque française. Elle intervient auprès des institutions pour affirmer nos ambitions pédagogiques et améliorer les conditions matérielles et morales de notre enseignement. Elle est soucieuse de la diversité des outils qui accompagnent les programmes. Elle est le lieu naturel de regroupement des équipes partenariales dans les régions, et souhaite permettre l'échange entre tous autour des grandes questions que pose l'enseignement du cinéma aujourd'hui.
C'est pourquoi elle s'adresse aujourd'hui à tous, partenaires et enseignants, pour un dialogue que nous espérons fécond, particulièrement autour de trois axes :
1 - Le statut des enseignants de cinéma en Lycée.
2 - Préserver et développer l'apport que représente le partenariat.
3 - Nouveaux Programmes, nouveau baccalauréat
LE STATUT DES ENSEIGNANTS DE CINEMA EN LYCEE.
LES DONNEES DU PROBLEME.
Situation dans les établissements.
Les équipes d'enseignants, constituées lors de la création des sections Cinéma-audiovisuel, ont besoin aujourd'hui de se renouveler. L'existence des postes à profil pose une fois de plus la question de la formation des candidats à cet enseignement à la fois spécifique et rattaché à une autre discipline.
Le cinéma dans l'enseignement supérieur.
Par ailleurs les formations post-bac de cinéma se multiplient: licences de cinéma dans les Universités (souvent intégrées à des " doubles licences "), ouverture d'une option cinéma en classe préparatoire et au concours d'entrée à l'Ecole Normale Supérieure, épreuve de cinéma au concours de l'Agrégation (dans certaines matières), création à venir d'une option cinéma au Capes
Il est donc essentiel que l'association, riche de l'expérience pédagogique de ses adhérents, soit au cur de cette réflexion menée aujourd'hui sur l'enseignement du cinéma et définisse un profil-type "idéal" de l'enseignant de cinéma qui permettrait ainsi (en évitant toutefois une trop grande rigidité) de pourvoir au mieux les postes vacants.
CE QUE NOUS VOULONS.
Acquis et formation.
Les candidatures aux postes à profil pourraient être conditionnées par trois acquis préalables:
- un Capes ou une Agrégation avec option Cinéma (il est évident que cette option doit être définie en fonction des formations universitaires et des programmes des classes Cinéma des lycées). Dans ce cadre, le stage en situation du candidat devrait inclure un stage en section cinéma de lycée.
- une licence de cinéma (ou son équivalent, l'expérience pratique et professionnelle pouvant entrer en compte)
La formation pratique doit être une exigence forte, inscrite en particulier dans les plans de formation continue (qui pourraient par exemple faire appel à la FEMIS ou l'école Louis Lumière).
Période transitoire.
Les enseignants en place doivent obtenir l'équivalence de cette triple validation, sous l'autorité de l'Inspection Générale chargée des enseignements du Cinéma.
Les postes à profil doivent être déclarés au mouvement national, et le recours dans le cadre académique aux PEP3 (postes à exigences particulières, sous l'autorité du Recteur) ne doit intervenir qu'en cas d'échec de la procédure des postes à profils, et dans ce cas doit être soumis aux mêmes exigences (acquis nécessaires) que les postes à profil.
Une évaluation des compétences doit être, pour la période transitoire, mise en place au niveau national (on pourrait exiger un stage au sein d'une équipe Cinéma en lycée, une formation universitaire et un stage pratique).
L'association peut être consultée par l'Inspection Générale avant l'examen des dossiers. Elle fera circuler les informations en amont des mutations ( poste mis au mouvement, candidats possibles
) . Nous demandons un fonctionnement régulier et transparent des CASEAC, où les enseignants de CAV doivent être représentés.
PRESERVER ET DEVELOPPER L'APPORT QUE REPRESENTE LE PARTENARIAT Notre pédagogie ne peut se développer en vase clos, sans la relation directe aux milieux artistiques et professionnels qui font la réalité du cinéma et de l'audiovisuel aujourd'hui. L'intervention de professionnels directement liés aux arts du cinéma, porteurs d'interrogations esthétiques autant que de savoir-faire permet une formation ouverte, où le savoir de chacun féconde les autres domaines tout en en marquant les limites. Leçon de modestie, potentiel dynamique : le partenariat est bien à la source de la vitalité de nos enseignements.
Certes nous connaissons les obligations et les charges qui sont celles des Partenaires : elles ne doivent pas faire obstacle à la rencontre, l'écoute réciproque, la solidarité devant les élèves, qui fondent nécessairement le couple professeurs - partenaires intervenants. Cela ne va pas toujours de soi, et les professeurs ont aussi des charges et des obligations souvent lourdes. Il ne faudrait pas que cela fasse oublier aux uns comme aux autres que le partenariat n'est jamais donné, qu'il se construit et se gagne à chaque moment. Nous savons tous le plaisir et l'efficacité de l'effort partagé: encore faut-il garder en mémoire que là sont aussi les ferments premiers de la création cinématographique et audiovisuelle, de cet art que nous voulons enseigner au plus grand nombre de jeunes.
L'association Les ailes du désir organise une rencontre entre enseignants, partenaires et intervenants le samedi 16 mars 2002 à Valence.
Cette journée de travail a pour but, à partir d'un échange sur les différents modes de fonctionnement des partenariats, de commencer à construire une réflexion sur les démarches adoptées, les problèmes rencontrés, les orientations futures, les relations avec les DRAC
Nous souhaiterions aussi faire un bilan de ce qui marche et de ce qui peut poser problème dans la mise en uvre en commun d'un projet pédagogique ainsi que dans la prise en compte des programmes et de l'épreuve du baccalauréat.
NOUVEAUX PROGRAMMES NOUVEAU BACCALAUREAT
Nous avons participé au Groupe d'Experts (élaboration des nouveaux programmes, parus le 30 août 2001) avec le souci constant de défendre l'attachement de l'association à la dimension artistique de l'enseignement du cinéma et de l'audiovisuel, visant à éduquer le regard, apprendre à faire des choix, à adopter un point de vue, grâce à la fréquentation des uvres cinématographiques.
Les programmes sont organisés dans un souci d'harmonisation des disciplines artistiques et s'ordonnent autour de trois composantes: pratique, culturelle, méthodologique. La dimension artistique est privilégiée. La classe de seconde est une classe d'initiation au langage des images et des sons et de découverte de quelques grands moments de l'histoire du cinéma.
En cycle terminal les élèves approchent dans leur globalité les champs cinématographique et audiovisuel; la classe de première permet de découvrir les étapes et les enjeux de l'écriture du film ainsi que les principaux genres et étapes de l'histoire du cinéma des origines à nos jours; l'enseignement en classe de terminale est axé sur le montage et favorise une réflexion sur des uvres de cinématographies lointaines ou situées à la marge. Le programme met l'accent sur la dimension pratique et artistique. Il offre des propositions pédagogiques, tout en mettant l'accent sur la liberté pour les équipes d'adapter leur travail aux contextes locaux.
En ce qui concerne les futurs sujets de baccalauréat : L'écrit devrait proposer au candidat deux sujets au choix . Ceci répond au souci d'harmoniser les épreuves des différents enseignements artistiques. Les membres du CA de l'association ont été consultés et sollicités pour construire ces deux sujets. Ils ont soumis leurs propositions à l'Inspection Générale.
Sujet n°1: Le candidat rédige un scénario et une note d'intention, sur un thème imposé.
Sujet n°2: Le candidat rédige à partir de documents fournis un découpage technique et une note d'intention.
Nous avons demandé le maintien du thème et du dossier actuel pour le sujet n°1. Pour le sujet N°2 seront fournis un court scénario et des photos (de lieux d'objets de
personnes...).Nous souhaitons que les deux sujets ne portent pas sur le même thème et que soit redéfinie la note d'intention, afin de maintenir dans les deux types de sujet les exigences spécifiques à l'écriture audiovisuelle.